Retour d’expérience : Cogiscan, « le magicien d’Ose »

Cogiscan
Cogiscan et Ose révolution 4.0

Article

En adoptant la technologie 4.0 de COGISCAN distribuée par Accelonix sur ses lignes de production.

OSE creuse l’écart avec ses concurrents.

 

Auteur : Dominique LEMIÈRE, reporter pour Les Cahiers de l’Industrie électronique et Numérique (n°108)
https://dcomconseil.com

 

« Nous avons toujours su investir intelligemment ». Dans la bouche de Caroline Guérin, chargée du développement des projets, cette phrase résume on ne peut mieux la philosophie d’OSE. L’entreprise de sous-traitance de cartes et d’ensembles électroniques, créée en 1985, emploie une centaine de personnes à Corps, dans l’Isère. Dans ses ateliers opèrent 3 lignes CMS pour la fabrication de moyennes et de grandes séries dédiées principalement à l’industrie scientifique et médicale, les transports, l’informatique, les télécoms et la domotique.

Pourquoi installer un MES dans l’entreprise ? Une démarche logique pour OSE, qui en 2019 a lancé son projet « Ose résilience et avenir », qui consiste à renouveler des équipements anciens mais aussi à booster ses capacités de productions robotisées. Ce projet a de plus pu bénéficier d’un financement pour l’Industrie du Futur de la région Auvergne-Rhône- Alpes. « Nous avons soumis notre ambition de nous développer dans les technologies du 4.0 qui vont être primordiales pour toutes les entreprises. C’est ainsi que nous sommes entrés en relation commerciale avec Accelonix, qui distribue la solution de Cogiscan. Notre projet de MES s’est construit avec eux ».

« En tout état de cause, nous devions répondre aux exigences, notamment de traçabilité, de nos clients », souffle Caroline Guérin. « Certains d’entre eux, du domaine ferroviaire par exemple, ont de plus en plus de contraintes normatives. Ils exigent une traçabilité supérieure tant dans la précision que dans le suivi, la fabrication, la réparation. Beaucoup d’entre eux ont pour client final la SNCF qui a des normes très précises», expose- t-elle.

Idem dans le domaine médical, où la traçabilité des dispositifs médicaux est un pré-requis. OSE a obtenu en janvier la certification ISO 13485 relative au système de management de la qualité, où l’entreprise doit démontrer son aptitude à fournir régulièrement ces dispositifs.

« Le MES nous a permis, entre autres, d’obtenir cette certification » assure Caroline Guérin.

Les dirigeants d’OSE ont donc fort bien compris l’enjeu : la véritable traçabilité commence avec la chaîne d’approvisionnement et se termine à la livraison au client. « C’est l’occasion pour notre entreprise de se démarquer de ses concurrents et d’aller encore plus loin, jusqu’au cœur de la carte. L’ADN d’OSE, c’est l’investissement. Ne pas investir amène à perdre des marchés, présents ou futurs » soutient encore Caroline Guérin.

 

Production 4.0 chez Ose

 

Faire le choix d’une solution logicielle polyvalente

Le choix d’un MES a été confié au responsable des systèmes d’information, Jérôme GOBERT. Lequel a procédé avec méthode dans le foisonnement d’offres inégales du marché. «Intellectuellement, nous étions prêts. Nous avions conscience que le marché de l’électronique allait dans cette direction. Avec le travail opéré pour la certification ISO 13485 dès 2019 nous avons compris la nécessité d’évoluer vers de nouveaux outils de gestion de la production. Typiquement pour nous si nous n’avions pas eu cet outil de traçabilité, l’audit ISO aurait été plus complexe. Or, l’auditeur a constaté que nous étions dans une démarche de qualité, de répétabilité, de suivi, ce qui a fait pencher la balance en notre faveur».

« J’ai examiné les offres des grands acteurs du marché ; et en premier lieu l’offre de OC2I l’éditeur de notre ERP. Il proposait un add-on permettant de récupérer la traçabilité sur 2 des marques de machines de placement les plus répandues chez leurs clients. Cela ne pouvait pas nous convenir : dans notre atelier, nous possédions une de ces marques mais nous étions à l’époque en négociation pour acheter de nouvelles machines très hautes cadences et nous n’aurions pas pu exploiter cet add-on. C’était aussi un facteur contraignant pour l’avenir. Il a donc fallu trouver un logiciel qui soit vraiment multimarques, et celui de Cogiscan s’est nettement détaché du lot. La polyvalence de leur solution, sa neutralité au regard des équipements de production entrant dans la boucle de connectivité, les capacités de suivi, de traçabilité et de contrôle (TTC) – ont été des éléments forts pour notre décision finale. Depuis, OC2I et Cogiscan travaillent de concert pour fournir une solution clé en main permettant d’interfacer les deux logiciels.

Cogiscan dispose des connecteurs pour tout le matériel que nous possédons actuellement ou que nous serions susceptible d’acquérir dans un avenir proche. C’est ce qui a motivé notre choix, renforcé encore par les 20 ans d’expérience à leur actif. On a tout de suite été convaincus que c’était le partenaire avec lequel nous voulions travailler. ».

Dans la pratique, nous avons ajouté certaines options sur nos matériels actuels pour qu’ils deviennent communicants avec Cogiscan.

Une solution évolutive basée sur des modules

L’architecture par module de la solution Cogiscan est particulièrement appréciée :

« le premier pas consiste à installer une traçabilité hyper solide sur les lignes CMS, et dans un second temps étendre la solution au contrôle process, à l’atelier de réparation, etc. Dans nos ateliers, nous en sommes au franchissement de la dernière étape de l’installation. Ensuite, nous pourrons à notre gré et selon notre timing empiler les options pour arriver à une solution complète ».

Expertise et réactivité du soutien, Jérôme GOBERT a été amené à travailler directement avec le Canada pour obtenir plusieurs patchs permettant de rendre compatible certaines machines récalcitrantes. « Leur capacité en termes de développement logiciel m’a impressionné. Ce sont de vrais développeurs, et si l’on souhaite un développement spécifique, ils répondent présent : un gros éditeur ERP par exemple, ne vous rendra jamais ce service, sauf attendre très longtemps et payer très cher. Avec Cogiscan, nous sommes en contact avec une structure légère et très réactive qui se dévoue pour satisfaire ses clients. C’est un aspect qui compte énormément».

 

Qu’est ce qui a changé dans le fonctionnement d’OSE avec la mise en place du MES Cogiscan ?

La réponse du RSI est nette : « Cela change tout. Le plus long dans le déploiement a été de revoir notre façon de travailler. Globalement, dans notre ancien mode de fonctionnement, nous recevions des composants d’un même lot fabricant : donc nous pouvions avoir 10 bobines d’un même lot ; maintenant nous avons un numéro unique pour chaque bobine. Autant dire qu’on colle davantage d’étiquettes ! Dès que nous recevons un conditionnement, nous collons une étiquette. Ensuite nous la photographions sur une table d’initialisation matière, c’est pour elle le début de sa vie dans nos stocks et sur nos lignes de production. En cas de problème nous sommes toujours capables de nous référer à la photo ou aux informations captées par lecture des codes barres présents sur les étiquettes du fournisseur ou du fabricant. Auparavant nous ne connaissions que le lot fabricant. Nous pouvions l’identifier, mais ça ne permettait pas d’aller très loin dans les enquêtes de traçabilité.

Les cartes sont identifiées par gravage au laser, avec un code unique. Il est possible d’identifier avec exactitude quel composant a été posé, et sur quelle carte. J’ai un exemple à l’esprit : un client m’appelle et me dit « j’ai la carte gravée X avec un condensateur défectueux, sur tel repère ». Grâce au logiciel Cogiscan nous avons identifié l’UID (conditionnement unique). Nous avions instantanément les informations : sur quelle carte ce condensateur était monté, éventuellement quels autres clients étaient impactés, et ainsi les prévenir.

 

Une gestion rationnelle des composants = des délais respectés

Dans tous les ateliers de sous-traitance, la gestion des composants est une problématique à laquelle les industriels sont souvent contraints, faute de temps, faute d’outils réellement adaptés, de répondre avec un succès mitigé.

Dans le projet voulu par OSE, à chaque fin de production les conditionnements sont comptés par un système à rayons X au conditionnement (UID) « L’avantage de recompter – et d’avoir des stocks justes permet d’éviter des situations telle que celle de l’opérateur qui a préparé sa machine et qui, au dernier moment, s’aperçoit qu’il lui manque 10 composants pour terminer sa fabrication » ajoute Jérôme GOBERT, « Un calcul des besoins est réalisé chaque semaine ; pour les clients c’est l’assurance du respect des délais ».

 

Management : réorganiser les flux de production

Catherine DUBELLOY est responsable QSE. C’est elle qui planifie et pilote le système management qualité/environnement. Son rôle est de réorganiser les tâches de l’atelier autour des nouvelles procédures inhérentes au 4.0.

« Le 4.0 est un facteur d’amélioration puissant. Et pour ne pas donner de travail supplémentaire aux personnes en production, aux opérationnels, nous avons été amenés à réorganiser notre flux de production. »

« Sur ce type de projet, la difficulté n’est pas seulement d’installer un logiciel ni de mettre des passerelles entre les logiciels. Il y a aussi un gros travail humain. Quand vous dites aux collaborateurs du magasin qu’on ne gère plus à la bobine mais qu’on va tout ré-étiqueter, ce n’est pas pareil ! Il y a un effort à fournir au début. Le plus difficile étant de travailler sur le fond pour avoir des choses simples à utiliser ! En réalité, les choses simples sont toujours complexes à concevoir, à mettre en place. Avec l’installation du logiciel Cogiscan, il a fallu réécrire les process métier. ».

« Du point de vue de la sécurité, une gestion informatique nous aide à être beaucoup plus rigoureux. Mais ce que nous avons voulu chez OSE, c’est trouver l’équilibre entre la traçabilité et la rigueur, de manière à ce que l’on puisse continuer à produire, avec la flexibilité qui est le propre du métier de sous-traitant : fabriquer beaucoup de produits différents, avec des exigences différentes ».

« Avec la technologie 4.0, nous allons continuer à monter en gamme »

Aujourd’hui, l’entreprise est en pleine mutation technologique. Mais tant Pascal GUERIN, dirigeant de Ose que sa fille Caroline, n’entendent pas en rester là : « Notre souhait à OSE est de continuer à investir pas à pas, maîtriser l’équipement et la partie software, monter en gamme et en compétences pour exceller dans nos processus de fabrication. Nous voulons, nous sommes prêts à gagner des marchés, des nouveaux produits, des nouvelles cartes avec de nombreux composants. C’est ce qui nous permettra de réaliser des marges plus importantes : c’est sur la complexité de la carte que réside la valeur ajoutée. »

 

OSE
Carilne GUERIN
+33(0)4 76 30 04 93
c.guerin@ose.fr
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